Home page  |  About this library  |  Help  |  Clear       English  |  French  |  Spanish  
Expand Document
Expand Chapter
Full TOC
Preferences
to previous section to next section

close this bookManuel des Opérations de Secours Sanitaires après une Catastrophe Naturelle (OPS; 1981; 79 pages)
View the documentPréface
View the documentRemerciements et sources
close this folderPremière partie: Effets d'une catastrophe sur la santé et modes de secours
close this folderAperçu général
View the documentProblèmes de santé communs à toutes les catastrophes
View the documentProblèmes de santé particuliers à un type de catastrophe
open this folder and view contentsDeuxième partie: Procédures de secours d'urgence
open this folder and view contentsTroisième partie: Annexes
 

Problèmes de santé communs à toutes les catastrophes

Réactions sociales

Une catastrophe importante est rarement suivie d'une réaction de panique généralisée ou de complète paralysie de la part des survivants. On observe plutôt une activité individuelle spontanée mais hautement organisée à mesure que les sinistrés se remettent du premier choc et se mettent résolument à l'oeuvre dans un but précis. Les rescapés d'un tremblement de terre organisent souvent, dans les minutes qui suivent le séisme, des opérations de sauvetage et, quelques heures plus tard, se forment en groupes pour assurer le transport des blessés vers les postes de soins médicaux. Les comportements antisociaux comme le pillage généralisé ne se produisent que dans des situations exceptionnelles.

Bien que chacun estime que ses réactions spontanées sont tout à fait raisonnables, celles-ci peuvent s'avérer néfastes pour l'ensemble de la communauté. Dans certains cas, des individus occupant des postes clés dans l'organisation des secours, déchirés entre leur rôle de chef de famille et celui de responsable sanitaire, ont malheureusement choisi d'assurer la sécurité de leur famille et de leurs biens avant de rejoindre leur poste.

Des rumeurs de toutes sortes circulent, surtout concernant les épidémies. Par conséquent, de fortes pressions sont exercées sur les autorités afin que celles-ci entreprennent des travaux de secours tels que la vaccination en masse contre la fièvre typhoïde et le choléra, sans que rien ne justifie réellement ces mesures. En outre, les sinistrés peuvent hésiter à se soumettre aux mesures de secours jugées nécessaires par les autorités. Les habitants d'une région menacée par les; répliques d'un séisme ou par une inondation, se montrent généralement récalcitrants à toute demande d'évacuation même si leur demeure a été ou risque d'être complètement détruite.

Ces modes de comportement entraînent deux conséquences importantes pour les responsables des programmes de secours. Premièrement, les modes de comportement peuvent être modifiés et les demandes de secours limitées au minimum si la population est tenue au courant de l'évolution de la situation et si l'information nécessaire est obtenue avant qu'on ne se lance dans la réalisation de programmes d'aide de grande envergure. Deuxièmement, la population s'occupera elle-même de la majorité des activités de sauvetage et de premiers soins, du transport des blessés aux hôpitaux si ceux-ci sont accessibles, de la construction d'abris temporaires et de l'exécution d'autres tâches essentielles. Les ressources supplémentaires doivent par conséquent viser à répondre aux besoins que les survivants ne peuvent pas satisfaire seuls.

Maladies transmissibles

Les catastrophes ne provoquent habituellement pas de poussées de maladies infectieuses bien que, dans certaines circonstances, le risque de transmission de maladies augmente. Les maladies observées le plus fréquemment sont causées par la contamination fécale de l'eau et des aliments et sont, pur conséquent, principalement intestinales.

Le risque d'épidémie augmente proportionnellement à la densité et aux déplacements de la population, deux facteurs qui influent sur la disponibilité en eau et en nourriture, sur la probabilité de contamination (pur exemple dans les camps de réfugiés) et d'interruption des services sanitaires existants comme les conduites d'eau et les égouts, et sur la capacité de maintenir ou de rétablir les programmes normaux d'hygiène publique immédiatement après la catastrophe.

À long terme, on observera peut-être une augmentation des maladies transmises par les vecteurs dans certaines régions, à cause de l'interruption de la lutte antivectorielle. Si l'eau emporte les insecticides à effet rémanent couvrant les immeubles, les moustiques trouveront un plus grand nombre de lieux propices à leur reproduction. Citons, à titre d'exemple, les 75 000 cas de paludisme diagnostiqués en Haïti au cours des cinq mois qui ont suivi l'ouragan des 3 et 4 octobre 1963.

Déplacements de la population

Quand d'importants déplacements de la population se produisent, de façon spontanée ou organisée, la nécessité de secours d'urgence s'impose. L'augmentation de la population dans les régions urbaines impose un fardeau trop lourd aux services publics, entraînant un accroissement de la morbidité et de la mortalité. C'est ainsi que 6 000 personnes sont mortes inutilement à Dacca, au Bangladesh, des effets secondaires des inondations de 1974. Si de nombreuses unités de logement sont détruites, d'importants déplacements de population se produisent dans les régions urbaines, au gré des mouvements des survivants qui cherchent refuge chez leur famille et leurs amis. Des études menées dans les collectivités et les villages aux environs de Managua, au Nicaragua, à la suite du séisme du 23 décembre 1972, ont révélé que 80 à 90 pour cent des 200 000 réfugiés avaient été hébergés par des membres de la famille ou des amis, 5 à 10 pour cent vivaient dans les parcs, les squares et les terrains vagues et le reste dans des écoles et d'autres immeubles de ce genre.

Exposition aux éléments

Les éléments ne constituent pas un grand danger après une catastrophe, même dans les pays froids. Tant que les survivants restent au sec, sont raisonnablement bien habillés et capables de se mettre à l'abri du vent, peu de décès seront attribuables au froid. Les conditions locales influent donc fortement sur la nécessité de fournir des abris de secours. Ces derniers peuvent être nécessaires pour des raisons autres que la protection contre les éléments.

Alimentation et nutrition

La disette consécutive à une catastrophe peut avoir deux causes: soit la destruction des réserves alimentaires dans la région sinistrée, soit la perturbation des systèmes de distribution, qui empêche l'acheminement des vivres aux sinistrés. Il est rare que lés tremblements de terre soient suivis d'un manque de vivres généralisé assez grave pour causer des problèmes nutritionnels.

Les inondations et les raz-de-marée détruisent souvent les récoltes et les réserves individuelles de nourriture, elles perturbent les systèmes de distribution et causent d'importantes pénuries locales La distribution de vivres constitue souvent, à court ter ne du moins, un besoin important et urgent mais pas toujours généralisé.

Santé mentale

L'angoisse, la névrose et la dépression comptent parmi les problèmes de santé publique les moins graves qui surgissent après une catastrophe et la famille et les voisins peuvent s'occuper provisoirement des personnes atteintes. Il faut, dans la mesure du possible, essayer de conserver les structures sociales, familiales et communautaires. L'utilisation irréfléchie de calmants et de tranquillisants pendant la phase des secours d'urgence est fortement déconseillée. Dans les pays industrialisés, les problèmes de santé mentale semblent plus sérieux pendant la longue période de réadaptation et de reconstruction et il faudra leur accorder une plus grande attention pendant cette phase.

to previous section to next section

Please provide your feedback   English  |  French  |  Spanish