Les réfugiés ont de nombreuses inquiétudes et de nombreuses craintes. Ils doivent surmonter de nombreux problèmes qu’ils n’avaient pas avant de devenir réfugiés. Ces problèmes peuvent comprendre l’absence de nourriture ou d’abri adéquat, le chômage et le danger que représentent les bandits et la guerre. La plupart des réfugiés pensent aussi beaucoup à ce qu’ils ont perdu et ils s’inquiètent pour l’avenir, surtout pour leurs enfants.
Parfois, les réfugiés sont submergés par ces inquiétudes et ces craintes. Une chose peut se produire qu’ils sont finalement incapables de supporter. Ils peuvent alors présenter des troubles physiques et émotionnels graves. Ni la famille ni les amis ne peuvent aider à soulager ces troubles.
Une crainte et une inquiétude intenses s’accompagnent souvent d’une dépression légère. Les activités scolaires ou professionnelles des personnes atteintes ne sont pas sérieusement affectées. Elles ne demanderont votre aide que lorsque guérisseurs et autres praticiens auront échoué à soulager leurs symptômes. Elles auront peut-être aussi essayé les drogues et l’alcool et constaté qu’ils n’avaient guère d’effet.
Les symptômes mentaux les plus courants de cette maladie sont les suivants:
- craintes et inquiétudes envahissantes;
- douleurs musculaires, endolorissement, tics nerveux, tremblements;
- agitation, tendance à se sentir vite fatigué;
- sentiment de surexcitation et de nervosité;
- tendance à être effrayé par des bruits forts ou soudains;
- difficulté à s’endormir ou à rester endormi;
- tendance à s’emporter facilement et à se plaindre sans arrêt;
- incapacité à se concentrer sur un travail ou un jeu.
Les symptômes physiques de cette maladie sont les suivants:
- battements de coeur rapides et irréguliers;
- essoufflement;
- transpiration ou mains moites;
- bouche sèche ou gorge nouée;
- étourdissements ou sensation de tête légère;
- nausées;
- diarrhée;
- bouffées de chaleur ou frissons;
- maux de tête;
- fréquent besoin d’uriner;
- impuissance ou éjaculation précoce.
Certaines personnes ont aussi des problèmes particuliers:
• Accès de peur (ou de panique) pouvant durer de quelques secondes à plusieurs minutes et pouvant inclure une transpiration excessive, une extrême nervosité, une sensation d’étouffement et le sentiment qu’elles vont mourir, qu’on va leur faire du mal ou qu’elles vont devenir folles. • Une peur terrible d’un objet familier ou d’une situation habituelle, comme les couteaux, les espaces clos, les espaces découverts, les chats, les poulets ou d’autres choses.
• Une crainte terrible de sortir de chez soi ou de se trouver dans des lieux publics.
Comment reconnaître les personnes atteintes de troubles émotionnels associés à une peur ou une inquiétude intense
1. Interrogez les réfugiés au sujet de chacun des symptômes ci-dessus. Comparez leurs troubles principaux à votre liste des symptômes les plus courants de détresse émotionnelle dans la communauté. Les personnes qui souffrent de ces troubles émotionnels présenteront un grand nombre des symptômes.2. Demandez «A qui avez-vous déjà demandé de l’aide?» Contactez ces personnes. Il s’agit d’ordinaire des aînés de la famille, de guérisseurs, de prêtres, de médecins ou d’infirmières. Essayez de savoir ce qui, à leur avis, peut être la cause de la maladie de la personne et ce qu’ils ont fait pour aider.
3. De nombreuses maladies physiques peuvent provoquer des symptômes qui ressemblent à ceux d’un trouble émotionnel. En l’absence de cause sociale ou personnelle évidente des symptômes, une personne qui a perdu du poids et sur qui votre aide est sans effet doit être adressée à un médecin ou à une infirmière pour un examen physique.
4. Essayez de savoir si le réfugié est déprimé (voir page 47). Quelle est la gravité de la dépression?
5. Essayez de savoir si le réfugié souffre d’une psychose (voir page 52). Si c’est le cas, telle est probablement la cause de ces symptômes.
6. Essayez de savoir si la personne consomme des drogues ou de l’alcool pour traiter ces symptômes. Tâchez de savoir combien et depuis quand.
Comment aider les personnes qui souffrent de troubles émotionnels associés à une peur et une inquiétude intenses
1. Faites en sorte que le médecin ou l’infirmière diagnostique et traite une maladie physique, une dépression, une psychose et les problèmes de drogue et d’alcool. Apportez toute l’aide que vous pouvez. Donnez-leur toutes les informations dont vous disposez et demandez-leur comment vous pouvez les aider.2. Essayez de savoir quels situations et événements personnels et sociaux déclenchent les craintes et les inquiétudes de la personne. Si la personne accepte, parlez-en à la famille, aux amis, à l’employeur et à la communauté religieuse. Essayez de les persuader d’aider la personne à résoudre les problèmes.
3. Ne faites pas de promesses que vous ne puissiez tenir. Il y a des problèmes que personne ne peut résoudre, pas même les autorités du camp.
4. Certaines pratiques religieuses ou de la médecine traditionnelle comme la prière et la méditation peuvent être très utiles. Adressez le réfugié à un guérisseur ou un prêtre pour voir s’ils peuvent aider, s’ils n’ont pas déjà essayé.
S’il y a un médecin pour examiner et soigner la personne:
5. Les craintes et les inquiétudes peuvent parfois être soignées au moyen d’un médicament comme le diazépam en doses de 5-15 mg 2 ou 3 fois par jour. Ces médicaments peuvent cependant provoquer une somnolence. Ces médicaments peuvent être dangereux si la personne travaille sur des machines ou conduit. Le diazépam peut aussi engendrer une dépendance. Le médecin ne devrait pas, en principe, prescrire ce médicament pendant plus d’un mois. Une personne qui prend du diazépam devrait aussi commencer immédiatement des exercices de relaxation (voir le Module 2). Au bout de quelques semaines, la personne devrait pouvoir se détendre et ne devrait plus avoir besoin du médicament.Souvenez-vous que la meilleure solution dans le cas de cette maladie est d’aider les réfugiés à résoudre leurs propres problèmes, souvent avec l’aide de parents et d’amis. Si cela est impossible, aidez-les à vivre avec leurs problèmes. Les médicaments n’ont pas ce pouvoir.
6. Les médicaments utilisés pour la dépression (voir page 47) peuvent aider les réfugiés qui ont des accès de panique, redoutent des situations courantes ou craignent les lieux publics.

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